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Eleni Varikas, S. Dayan, E. Dorlin (coord), « Entre résistance et domination », Tumultes n°27, 2006.


Introduction :
Dans l’essai qu’elle consacre à Bertolt Brecht, Hannah Arendt se souvient de tout ce que représenta pour elle et pour les autres réfugiés venus d’Allemagne et internés au camp de Gurs, un poème que Brecht venait d’écrire et que Walter Benjamin avait apporté à Paris, en avril 1939, après une visite rendue au poète qui vivait alors au Danemark. « Très vite, comme l’annonce d’une bonne nouvelle, il circula de bouche à oreille — source de consolation, de patience et d’endurance — là où l’on avait le plus besoin d’une telle sagesse. » Bien des années plus tard, dans une interview filmée, elle rappelle ces moments où quelques vers de la « Légende de la genèse du Tao-tö king écrit par Lao Tse sur le chemin de l’exil » lui donnèrent et à ses compagnons d’infortune, la force d’espérer et de conserver leur dignité. Ce qu’elle appelle « le pouvoir des sans-pouvoir », expression qu’utilise aussi Vaclav Havel dans un texte célèbre, est le message que transmet Brecht ici :

Dass das weiche Wasser in Bewegung
Mit der Zeit den mächtigen Stein besiegt.
Du verstehst, das Harte unterliegt

(« Que l’eau molle en mouvement avec le temps, l’emporte sur la pierre puissante. Tu comprends, ce qui est dur a le dessous. »)

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10 May 2006