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Danièle Linhart, avec Aimé Moutet (dir.) Le travail nous est compté. la construction des normes temporelles du travail, Paris, La Découverte, 2005, 352 p.


La mise au travail salarial repose sur la capacité de l’employeur d’organiser au mieux le travail du salarié pendant le temps payé, c’est-à-dire de la façon la plus rentable. Or rien ne pourra empêcher que ce temps appartienne en fait aux deux parties : aux salariés qui le vivent, lui donnent sens, et à l’employeur qui doit trouver les moyens d’en faire l’usage le plus efficace. La solution taylorienne visait à désamorcer toute résistance humaine en objectivant le plus possible ce temps par des gestes imposés et des temps alloués. Les formes les plus modernes de travail visent, elles, à enrôler l’intimité et la personnalité des salariés dans des conditions qui restent imposées et au prix de la « colonisation » leur vie privée : vie privée et professionnelle sont désormais enchevêtrées, tributaires l’une de l’autre. Cela n’est certes pas nouveau, mais ces effets semblent aujourd’hui plus profonds, avec la difficulté de programmer sa vie dans le cadre d’une mobilité généralisée, contraignant en permanence à « développer ses compétences » pour assurer son « employabilité ». Dans cet ouvrage réunissant des contributions de sociologues, d’historiens et d’économistes, une première partie étudie la construction et la déconstruction des normes temporelles du travail, et les phases de transition (notamment dans l’industrie française et dans l’ex-bloc socialiste). Une seconde partie est consacrée aux exacerbations actuelles des contradictions autour des enjeux de qualité et de productivité, dans des secteurs aussi divers que les abattoirs, les hôpitaux, la restauration rapide, les centres d’appel, les CAF et les banques.

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18 mai 2005