Contre la réforme des retraites et la LPPR : le  5 mars, la recherche s'arrête
Imprimer

Sylvie Tissot De bons voisins. Enquête dans un quartier de la bourgeoisie progressiste Paris : Raisons d’agir, coll Cours et travaux, 2011 – 315 p.


La bourgeoisie se regroupe en général dans les beaux quartiers. Mais une fraction d’entre elle goûte aussi la mixité sociale. Avocats, consultants ou cadres supérieurs du privé viennent cohabiter avec des ménages des classes populaires, dans des quartiers naguère inimaginables pour eux. Sylvie Tissot a mené une enquête auprès de riches habitants du South End à Boston, aussi prêts à vivre aux alentours de cités d’habitat social qu’ils sont résolus à organiser très soigneusement cette proximité.

Favoriser les programmes de construction mixtes en regardant de près la proportion de ménages à bas revenus ; participer à la rénovation des parcs pour en contrôler ensuite l’accès ; fréquenter assidûment les restaurants exotiques après avoir fait fermer les bars « mal famés » : s’afficher gayfriendly tout en contrôlant la visibilité des homosexuels ; célébrer la bohème sans renoncer aux goûts culturels les plus traditionnels : tout cela se fait au nom d’une « diversité » bien ordonnée. Retraçant l’émergence d’un pouvoir local depuis les années 1960, ce livre montre que, sans annuler les inégalités, ces modes de cohabitation viennent renouveler les formes et les stratégies de la distinction sociale chez les élites urbaines.


Table des matière et extraits sur le site de l’éditeur


 
12 décembre 2011

Sylvie Tissot

Professeure à l’Université Paris 8
Cresppa-CSU
Page personnelle