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Françoise de Barros, avec Tom Charbit (coord.) Dossier : La colonie rapatriée. Politix, n° 76, 2006 - p. 3-117


Après un silence de trois décennies, les travaux d’historiens et de sociologues fournissent, depuis une quinzaine d’années, des données de plus en plus nombreuses sur la guerre d’Algérie, les mémoires concurrentielles qu’elle a suscitées et l’encadrement administratif spécifiquement « colonial » dont ont fait l’objet en métropole notamment pendant la guerre d’indépendance, les Algériens arrives en France dès l’entre-deux-guerres et, plus massivement encore, dans les années cinquante. Cependant, peu d’enquêtes encore se sont intéressées aux effets sociaux et politiques de la colonisation algérienne en métropole après la période coloniale :les acquis récents sur cet aspect proviennent essentiellement de recherches portant sur d’autres sujets.
De la même façon que la guerre d’indépendance algérienne ou les politiques publiques en direction des étrangers, la question de la persistance de pratiques et de représentations sociales issues de l’expérience coloniale française dans la France contemporaine a envahi pourtant l’actualité politique et provoque des polémiques vivaces. 11 n’en reste pas moins que cette question revêt un intérêt scientifique certain. Elle peut, en effet, s’envisager comme une contribution au renouvellement de I’histoire politique française que proposent certains spécialistes de la colonisation. En suggérant de voir dans la domination coloniale la mise en relation de deux ensembles sociaux et politiques - celui de la métropole et celui des territoires colonises -, ils invitent à étudier comment elle affecte ces deux univers et leurs pratiques respectives. Jusqu’à présent, ces interactions ont été surtout examinées sur les territoires colonises et pendant la colonisation. II n’y a pourtant aucune raison sociologique de limiter l’observation à ce cadre historique et spatial. Bien au contraire. La fin de la colonisation pose avec une extrême acuité le problème des relations entre pratiques coloniales et pratiques métropolitaines puisqu’elle se traduit concrètement par la question du devenir social de l’ensemble des groupes qui ont participe, de près ou de loin, à l’entreprise coloniale, que ce soit en résidant, en administrant ou encore en participant à son travail de légitimation. Ce sont ces devenirs et leurs conséquences sociales et politiques en métropole que l’on voudrait interroger.

Compte-rendu de Jennifer Bidet, dans Lectures

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15 janvier 2006

Françoise de Barros

Maitresse de conférences à l’Université Paris 8,
Cresppa-CSU
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