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C. Bense Ferreira Alves Précarité en échange. Enquête sur l’implication au travail. La Courneuve : Éd. Aux lieux d’être, coll. Mondes contemporains, 2006 – 243 p.


Raoul et Dylan sont acteurs, Alex est metteur en scène, Pascal régisseur, Isabelle habilleuse, Gérald et Ugo placeurs. Dans ce théâtre, ils sont cadres, techniciens, employés ; permanents, intermittents ou vacataires ; participants de longue date, ou ne faisant que passer. Tous travaillent pour qu’existent des spectacles exigeants et régulièrement auréolés de succès. Mais derrière la scène se joue au quotidien un autre drame, dont le canevas est partagé par toute entreprise productrice de biens et de services. Quels sont les ressorts et les motifs de l’implication au travail ? Pour quelles raisons souhaite-t-on se maintenir dans une organisation donnée ? Et quel prix chacun est-il prêt à payer pour cela ? En échange de leur participation à une entreprise à l’image gratifiante et de la fréquentation d’un patron charismatique, certains consentent en effet à une situation d’emploi instable, et limitent leur possibilité d’accéder à un emploi de meilleur niveau. En suivant sur le long terme la vie de ce théâtre, Celia Bense Ferreira Alves s’est employée à dévoiler les tenants du jeu complexe qui, au-delà des contraintes du marché du travail, lient entre eux les membres d’une organisation et les font adhérer à son style de fonctionnement. Au risque, pour certaines catégories de personnel, d’une précarité masquée parla valeur accordée dans notre société à certains biens symboliques.

Compte-rendu de Marlène Benquet, Lectures, 8 janvier 2007.


 
16 novembre 2006

Celia Bense Ferreira Alves

Maîtresse de conférences à l’Université Paris 8
Cresppa-CSU
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