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NGUYÊN-QUANG Trung - CRESPPA - UMR 7217-CSU

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Trung Nguyên-Quang
Cresppa-CSU
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Thèse en cours

23 octobre 2020

Trung Nguyên-Quang

Doctorant à l’université Paris 8
ATER à l’université Paris-Est Créteil


Domaines de recherche

  • Homosexualités : savoirs et méthodes
  • Sociologie du genre et de la sexualité
  • Sociologie du droit et de la justice
  • Rapports sociaux de sexe, de race et de classe
  • Action publique
  • Comparaison France / États-Unis
 

Thèse en cours

Trung Nguyên-Quang, « L’accusation d’homophobie. Enquête sur les usages d’une catégorie du jugement et ses effets sur la subjectivation de l’orientation sexuelle », thèse à l’Université Paris 8 et à l’Ined, sous la direction de Sylvie Tissot et de Wilfried Rault

Ce travail se propose d’interroger les conditions de formulation de l’accusation d’homophobie, dans un contexte où la tolérance à l’égard des sexualités minoritaires est devenue un critère de progressisme et un gage de libéralisme moral. C’est aux usages de cette catégorie spécifique du jugement que nous souhaitons nous intéresser, c’est-à-dire aux situations dans lesquelles cette accusation intervient, aux dispositions qui conduisent à recourir à la catégorie, aux critères mobilisés pour justifier son usage, aux objets sur lesquels se porte l’accusation. Il s’agira d’examiner, à partir d’un travail d’archives au Défenseur des Droits et d’une enquête ethnographique en milieu scolaire, la variabilité non seulement des usagers et des usagères de la catégorie, mais également des critères de légitimation de la qualification d’homophobie, afin de voir à qui, et dans quelles circonstances, le recours à cette catégorie du jugement est socialement profitable ou coûteux. Cette thèse cherchera à formuler l’hypothèse que la variabilité de l’accusation d’homophobie permet à cette catégorie du jugement de s’ajuster à des critères qui ne sont pas strictement propres à l’orientation sexuelle, mais qui sont également indexés à des enjeux de race, de genre et de classe. L’accusation d’homophobie procèderait ainsi de conceptions particulières de l’homosexualité et, par conséquent, participerait de manière négative à son contrôle, en délimitant ce qui est estimé comme contrevenant ou pas à l’égalité des sexualités. En interrogeant l’accusation d’homophobie comme catégorie du jugement, ce travail tentera de repenser l’orientation sexuelle, et ce avec un objectif double : d’une part, afin de critiquer la hiérarchie des sexualités au regard des rapports sociaux de sexe, de race et de classe et, d’autre part, afin de comprendre comment l’orientation sexuelle peut être le fondement de la construction du sujet politique.