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Brand Magdalena - CRESPPA - UMR 7217-CSU

Brand Magdalena

Docteure en sociologie


Domaines de recherche

  • Politiques coloniales
  • Travail de service
  • Travail sexuel
  • Les rêves
  • Violences au travail
  • Archives orales et audiovisuelles
 

Recherches en cours

Exploitation, subjectivités et résistances : analyser les violences au travail à travers les rêves

Mon projet de recherche post-doctorale porte sur les liens entre le travail salarié et l’intimité à partir de la question de la violence. Qu’est ce que le travail salarié prend de nos intimités ? Qu’est ce qu’il n’arrive pas à prendre ?

Mon projet de recherche situe la question des violences au travail dans l’enjeu théorique du rapport entre subordination et autonomie. Je fais le choix de saisir cet enjeu à partir de la marge des théorisations sur le travail salarié : le travail sexuel, le travail gratuit et le travail forcé. Ces trois formes de travail, centrales dans les processus de captation et de valorisation, permettent de penser les articulations entre le travail, au sens de la dépendance des relations sociales à l’outil de production, et l’intimité, au sens de la propriété de soi, de son corps et de ses liens aux autres. La recherche interroge l’extraction et la marchandisation de nos intimités par l’organisation de la production capitaliste et les mouvements de résistances qui maintiennent des zones d’activités autonomes pour la reproduction de la vie.

À travers la collecte des rêves, ma recherche analyse les violences au travail comme un dispositif d’asservissement des corps et des esprits à l’organisation de production. Ma collecte des rêves a pour but de défaire la dichotomie entre corps et esprit sur laquelle se fonde les analyses des violences au travail. Il s’agit de ne pas dissocier harcèlement au travail et accident du travail pour ne pas reproduire la distinction de classe entre ouvriers et cadres et la hiérarchie entre le travail manuel et le travail intellectuel. Il s’agit également de ne pas reprendre les catégories institutionnelles qui isolent le harcèlement sexuel du harcèlement moral et reproduisent la hiérarchie genrée entre le travail manuel et le travail émotionnel fondée sur l’idée que le sexe est détaché de la sphère de production.

Dans la continuité de mes recherches de thèse, ma recherche sur les dispositifs de violences dans le travail développe ainsi une analyse féministe et matérialiste de la violence sociale, qui lie la sphère du travail salarié aux sphères de la reproduction, pour explorer les rapports de domination entrecroisés sans laisser de côté leur dimension affective et subjective.

Mon dispositif méthodologique articule les rêves à une vision matérialiste de la conscience développée par Nicole-Claude Mathieu : à travers les rêves, les femmes partagent la connaissance du pouvoir, elles l’extériorisent et peuvent alors exprimer la possibilité de la fuite. Ma méthode d’analyse des rêves ne les cantonne donc ni à la sphère privée ni aux trajectoires biographiques individuelles. J’analyse les rêves à la fois comme des documents d’histoire qui racontent des changements politiques et économiques et comme l’expression de possibles non encore advenus. Je traite les rêves comme une archive vivante qui dévoile les rouages du pouvoir et les coulisses des résistances subjectives dans les institutions disciplinaires.

Activités en cours
- Séminaire, Rêver l’archive, Laboratoire d’études et de recherches sur les Logiques Contemporaines de la Philosophie LLCP-Paris 8, 2020-2021 (Semestre 2)
- Université Paris Diderot, Master Genre et changement social et politique : enseignement en méthode d’enquête et encadrement de mémoires, 2020-2021 (Semestre 2)

 

Thèse soutenue

Magdalena Brand, « Les échanges économico-sexuels entre des expatriés français et des femmes centrafricaines à Bangui : politiques françaises du travail en Centrafrique et résistances des femmes libres », thèse de sociologie à l’Université Paris 8, sous la direction de Gail Pheterson, 9 décembre 2016.

La thèse traite des échanges économico-sexuels entre des Centrafricaines et des expatriés français à Bangui, en République centrafricaine. Son objectif est de comprendre comment ces relations sont au croisement des politiques de contrôle de la sexualité et du travail domestique des femmes, des politiques françaises du travail salarié d’expatriation et des stratégies des femmes pour négocier d’avantage d’autonomie dans leur mobilité, dans leurs choix reproductifs et dans leurs réseaux de parenté.
Ce travail se situe donc à la croisée de plusieurs axes de recherche en sociologie : les rapports sociaux de sexe, le travail, la parenté et les migrations.

 

Publications

Articles

  • « Ce qui reste : enquête et écriture sur un territoire marginal », GLAD !, 2018 en ligne
  • « ‘‘ Aucun français n’est seul à l’étranger ’’. Les sexualités dans la formation de la communauté française des expatriés en Centrafrique », Migrations Société, N°173, 2018, pp. 115-132. en ligne.
  • « Ethnographie d’un ordinaire bureaucratique. Une université centrafricaine du point de vue des interactions quotidiennes entre professionnels et étudiants. », Recherche en Anthropologie et en Histoire de l’Afrique (RAHIA), n° 28 – 26 p. - en ligne
  • « Muséographie du temps qui passe. A propos d’une exposition réalisée avec le Musée d’Ethnographie de Neuchâtel. », ethnographiques.org, n° 9 - en ligne
 

Chapitres d’ouvrages

  • Avec Marie-Rose Blunschi Ackermann et Martine Le Corre, « La misère est violence. Rompre le silence. Chercher la paix. Processus de recherche-action 2009- 2012 », in Les recherches actions collaboratives, une révolution de la connaissance, Presses de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique, Collection Politiques et interventions sociales, 2014.
   

Communications

Colloques internationaux
  • « La géographie des échanges économico-sexuels entre expatriés français et femmes centrafricaines dans la ville de Bangui », Atelier Intimités transnationales, 4e Rencontres des études africaines en France, Paris : 5-6-7 juillet 2016.
  • « The heterosexual sociability of the french expatriate in Bangui : the french community in Bangui watched from the point of view of the domestic and sexual work of Central-African women », 6th European Conference on African Studies « Collective Mobilisations in Africa. Contestation, Resistance, Revolt », Paris, 8-10 Juillet 2015.
  • « Des résistances des terrains aux résistances des femmes : saisir les rapports de pouvoir par la marge », Atelier 4.1, 6ème Congrès international des études féministes francophones, Université de Lausanne, 29 août-2 septembre 2012.
Séminaires et journées d’étude
  • "La vie subjective et la violence au travail", Séminaire Rêver l’archive, Université Paris 8, 16 novembre 2020
  • "Rêver l’archive" (intervention et co-organisation avec Camille Fauroux), Voix vives, l’histoire orale du présent, La Générale, 6 juin 2018
  • « La frontière comme production de la marge et du silence, de la résistance et de l’utopie. Réflexions sur mes rencontres avec des “femmes libres” de Bangui, 3ème Journée d’études interdisciplinaire EFIGIES Aix-Marseille, « Raconter les sexualités depuis la marge », 22 mai 2015, CNE-Vielle Charité, Marseille
  • 2012 - « Le travail de serveuse dans un restaurant du centre-ville de Bangui. Résistances des femmes centrafricaines et politiques françaises du travail en Centrafrique », Journée d’étude de l’école doctorale Sciences Sociales, Université Paris 8, 12 avril 2012
  • 2012 - « Histoires orales des politiques du concubinage postcolonial en Centrafrique », Séminaire NYU Paris, Le Genre en situation coloniale, NYU Paris, 14 mars 2012
  • 2011 - « Analyses multi-sites comme socialisations aux frontières dans l’enquête et à l’Université », Séminaire du Cresppa (CSU-GTM), Paris, site Pouchet du CNRS, 20 juin 2011
  • 2011 - « Enseigner le genre à l’Université », Journées d’Étude du CSU, Le Rocheton, 17-18 juin 2011
  • 2010 - « La perspective féministe, un enjeu des études genre », Atelier 2. Section études féministes, Congrès Marx International VI, Université de Nanterre, 23 septembre 2010
 

Organisation de colloques

  • Séminaire, "Rêver l’archive" (intervention et co-organisation avec Béatrice Rettig) , Laboratoire d’études et de recherches sur les Logiques Contemporaines de la Philosophie LLCP-Paris 8, 2020-2021 (Semestre 2)
  • Journée d’étude « Care et intersectionnalité », Cresppa CSU, GIS Genre, Centre des études féminines (Paris 8), Université Paris 8, 7 novembre 2015
  • Atelier « Femmes, déplacements et travail : les rapports sociaux de pouvoir au prisme des mobilités des femmes en dehors de leurs foyers », 7eme congrès international des études féministes francophones, Cresppa CSU, GIS Genre, CIRF 2015, UQAM, Montréal, 24 - 28 août 2015
  • Atelier « Des résistances des terrains aux résistances des femmes : saisir les rapports de pouvoir par la marge », 6eme congrès international des études féministes francophones, Cresppa CSU, CIRF 2012, Université de Lausanne, 29 août - 3 septembre 2012
  • Atelier « La perspective féministe, un enjeu des études genre », Atelier 2, Section études féministes, Congrès Marx International VI, Congrès Mars International VI, Université de Nanterre, 23 septembre 2010
  • Journée d’étude « Transgresser le genre : enjeux et (re)configurations », Efigies, Institut Emilie du Châtelet, ANEF, Centre Pouchet du CNRS, 20 janvier 2010
 

Enseignement

  • 2020, IUT de Grenoble, département Carrières Sociales, jury de soutenance
  • 2019 - 2021, Université Paris Diderot, master Genre et changement social et politique : « Méthodes d’enquête en recherches féministes » ; encadrement de mémoires (60h)
  • 2010-2013, Université Paris 8, licence de sociologie : « Décrire la société française » (111h) ; « Genre et mondialisation » (36h)
  • 2009-2010, Université Paris 8, licence de sociologie : « Formes de catégorisation » (111h) ; « Perspectives en études genre » (36h)
 

Expertise et diffusion de la recherche

Recherches et programmes d’actions

  • 2009 - 2012 : Centre international Wresinski, ATD Quart Monde, « La misère est violence »
  • 2007 - 2008 : Université de Bangui, RCA, projet SUPCA, SCAC, « La gouvernance universitaire »

Recherche et dispositifs de diffusions

  • Intervention et poème-réflexion, Rencontres radiophoniques P-node, La Générale, 26 septembre 2020
  • mai-juin 2020 : Interventions et poème-réflexions pour des émissions radiophoniques, l’Acentrale
  • 2005 : Musée d’ethnologie de Neuchâtel, Suisse, exposition muséographique « Les caves du palais »
 

Formation, diplômes universitaires

- 2018 : Titre 5, médiateur de l’information et du numérique, École de Bibliothécaire Documentaliste
- 2016 : Doctorat de l’Université Paris VIII, Vincennes-Saint-Denis, École doctorale Sciences Sociales
- 2009 – 2012 : contrat doctoral, Université Paris 8
- 2007 : Master professionnel en anthropologie appliquée, Université de Provence
- 2005 : Licence d’ethnologie, Institut d’ethnologie de Neuchâtel (Suisse)
- 2004 : DEUG d’histoire, Université de Nanterre

 

Implication dans la vie institutionnelle

  • 2015 - 2016 : CRESPPA, centre de documentation, ingénieur d’études
  • 2014 - 2015 : Groupe de recherche Jeunes Chercheuses « Femmes, déplacements et travail »
  • 2010 - 2012 : Association des doctorant-e-s du CSU