Contre la réforme des retraites et la LPPR : le  5 mars, la recherche s'arrête
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Séminaire général Cresppa-CSU 2019-2020

Dans le cadre de lutte contre la réforme des retraites, contre la loi de programmation pluriannuelle sur la recherche (LPPR) et contre la réforme de l’assurance chômage, l’équipe d’organisation du séminaire général du CSU-CRESPPA rejoint la mobilisation et déclare le séminaire en grève illimitée.

Cette décision s’inscrit dans le prolongement de la motion votée par la coordination des facs et labos en lutte du 14 décembre 2019 qui appelait, entre autres, à "reporter ou annuler les évènements scientifiques pendant la durée de la grève", et de la mobilisation du laboratoire CRESPPA votée ce jeudi.




Le séminaire collectif du CSU 2019-2020 est coordonné par :
Adèle Baraud, Karim Hammou, Édouard Leport et Sylvie Tissot.

Le mardi, 14h-16h30, site Pouchet du CNRS, salle 159, entrée libre.

Il vise à mettre en discussion des travaux récents en sociologie et en science politique. Résolument axé vers les pratiques de recherche, il constitue un espace de débat scientifique et critique des membres du CSU et des collègues d’autres institutions invités à présenter leurs travaux et à les discuter. Un de ses enjeux centraux est de confronter les approches, les cadres théoriques et les méthodes (qualitatives comme quantitatives) sur différents objets au cœur des préoccupations de recherche de l’UMR Cresppa.
Le séminaire est organisé autour de ces thématiques sans exclusive : la culture, l’action collective et le droit, l’éducation et la mobilité sociale, l’histoire et l’épistémologie des sciences sociales, le travail, les rapports sociaux de sexe, la politisation, etc.

Liste des ouvrages discutés

5 novembre 2019 : Lorenzo Barrault-Stella, Brigitte Gaïti, et Patrick Lehingue (dirs.) La politique désenchantée  ? Perspectives sociologiques autour des travaux de Daniel Gaxie Rennes : PUR, coll. « Res Publica », avril 2019 - 374 p.

Cet ouvrage collectif propose une réflexion de politistes et sociologues qui s’adosse aux travaux de Daniel Gaxie. C’est l’occasion de reprendre le débat autour des nombreux domaines qu’il a défrichés, qu’il s’agisse de travaux sur la représentation et la professionnalisation politiques, sur la politisation des «  profanes  », sur le militantisme et ses rétributions ou encore sur les luttes au principe de l’action publique. Le pari était le suivant  : montrer comment cette sociologie qui, dans les années 1970, dévoilait les ressorts sociaux d’un enchantement largement partagé de la politique démocratique, montrant la faible démocratisation du recrutement des représentants, définissant les contours d’un «  cens caché  », critiquant une vision héroïsée de l’action publique, pouvait analyser aujourd’hui un monde politique nouveau, largement désenchanté («  crise  » de la représentation, suspicions autour de l’activité politique, jugements désabusés sur son impuissance ..). La fameuse lutte contre les prénotions qui habitait le métier de sociologue doit désormais emprunter des chemins beaucoup plus escarpés. Les textes réunis posent frontalement la question de l’actualisation des apports de cette sociologie politique et s’interrogent sur les manières de la renouveler en soulignant des manques, en suggérant des prolongements et en proposant des pistes pour l’avenir.

3 décembre 2019 : Amélie Le Renard, Le Privilège occidental. Travail, intimité et hiérarchies postcoloniales à Dubaï Presses de Sciences Po, coll. « Académique », avril 2019 - 274 p.

Résumé : Nul autre lieu que Dubaï, ville-carrefour d’une mondialisation néolibérale, n’incarne mieux les avantages associés à l’occidentalité et à la blanchité.
Au travers des récits d’une centaine d’habitants, expatriés ou en contrat local, recueillis par l’auteure, les Occidentaux installés à Dubaï se profilent comme un groupe social à part entière. Ils partagent l’expérience d’être structurellement privilégiés tant sur le marché du travail que dans la sphère intime, même si des hiérarchies de genre, classe, race et sexualité les traversent  : tous les titulaires d’un passeport occidental, notamment français, n’en bénéficient pas de la même manière.
À Dubaï, l’occidentalité n’est pas seulement mobilisée pour classer, légitimer, regrouper et mettre à distance, elle l’est aussi pour se distinguer des autres élites de la ville globalisée, avec la conviction d’être en avance dans tous les domaines, professionnel, conjugal, familial et domestique.
Un regard vif et singulier sur les reconfigurations actuelles de l’hégémonie occidentale.

21 janvier 2020 : Romuald Bodin, L’institution du handicap. Esquisse pour une théorie sociologique du handicap La Dispute, juin 2018 - 181 p.

Résumé : Qu’est-ce que le handicap  ? Ce livre montre qu’il ne s’agit pas d’une réalité médicale, mais d’un phénomène social, qui peut faire référence à des singularités biologiques, mais dépend avant tout de la logique sociale de nos institutions. A partir de l’analyse de statistiques concernant la santé et le handicap, ainsi que de nombreux entretiens biographiques, l’auteur met en évidence que ce qui fait qu’une personne est considérée ou non comme handicapée renvoie au fonctionnement des grandes institutions sociales - famille, école, travail, espace public... Il explique aussi comment le statut administratif de personne handicapée tend à imposer une modification des parcours, des comportements et des identités. Cette nouvelle conception du handicap, qui met en relief sa construction étatique et législative, permet d’aborder différemment aussi bien l’expérience des personnes dites handicapées que les politiques de santé publique et d’action sociale.

4 février 2019 : Cédric Lomba, La restructuration permanente de la condition ouvrière. De Cockerill à ArcelorMittal Éditions du Croquant, coll. « Champ social », août 2018 - 386 p.

Résumé : Quand on évoque les restructurations industrielles, on pense d’abord aux fermetures d’usines et aux drames sociaux qu’elles engendrent.
On oublie toutefois que ces fermetures sont l’aboutissement d’un long processus de restructurations partielles auxquelles ont dû faire face les travailleurs depuis de longues années. Pour comprendre comment les travailleurs vivent dans ce contexte d’incertitudes répétées, Cédric Lomba a multiplié les observations et les entretiens, pendant près de vingt ans, auprès des ouvriers d’usines métallurgiques d’une multinationale (ArcelorMittal) de la région de Liège en Belgique. Il présente ainsi l’évolution des mécanismes gestionnaires qui justifient les restructurations, les ajustements collectifs entre ouvriers dans les usines, les transformations du syndicalisme de base, les effets des réorganisations sur la santé au travail, sur les trajectoires professionnelles et sociales des ouvriers et, de façon plus générale, sur leurs modes de vie.

10 mars 2020 : Kaoutar Harchi, Je n’ai qu’une langue, ce n’est pas la mienne. Des écrivains à l’épreuve Paris : Éditions Pauvert, 2016 - 306 p.

Résumé : Suffit-il d’écrire dans la langue de Molière pour être reconnu comme un «  écrivain français  »  ? Ou la littérature entretient-elle, en France, un rapport trop étroit avec la nation pour que ce soit si simple  ? Amoureuse de sa langue, la France en est aussi jalouse. Pour tous ceux qui l’ont en partage ailleurs dans le monde, elle devient alors un objet de lutte, de quête et de conquête.
Retraçant les carrières de cinq écrivains algériens de langue française (Kateb Yacine, Assia Djebar, Rachid Boudjedra, Kamel Daoud et Boualem Sansal), Kaoutar Harchi révèle qu’en plus de ne s’obtenir qu’au prix d’authentiques épreuves, la reconnaissance littéraire accordée aux écrivains étrangers n’est que rarement pleine et entière. Car si la qualité du style importe, d’autres critères, d’ordre extra-littéraire, jouent un rôle important.
Souvent pensée en termes de talent, de don, de génie, la littérature n’est-elle pas, aussi, une question politique  ?

Vendredi 15 mai 2020 : Salima Amari, Lesbiennes de l’immigration  : Construction de soi et relations familiales Éditions du Croquant, juin 2018 - 361 p.

Résumé : Ce livre, issu d’une thèse, traite de la question du lesbianisme dans un contexte migratoire et post-migratoire en France. Comment les rapports sociaux de sexe, de race, et de classe influencent-ils la construction sociale du lesbianisme  ? Quel est le processus par lequel ces femmes construisent des parcours lesbiens dans un contexte migratoire et post-migratoire  ? Pour l’auteure, ces lesbiennes agissent sur deux fronts  : ce qui relève de la construction de soi d’une part et ce qui concerne la gestion de leurs relations familiales qu’elles tentent souvent de préserver, d’autre part. Interroger scientifiquement les questions de genre et de sexualité n’est pas sans conséquences sur les débats politiques. Lorsque ces interrogations concernent le groupe social des « immigrés musulmans », la vigilance intellectuelle doit être renforcée. En effet, il est indispensable de garder un regard socio-historique critique sur les différentes catégorisations en matière de genre et de sexualité. Il ne doit être ni culturaliste, ni ethnocentré, ni androcentré. Au terme de son travail de recherche, l’auteure conclut face aux contraintes socio- familiales hétéronormatives, de nombreuses lesbiennes maghrébines migrantes et d’ascendance maghrébine privilégient les loyautés filiales et familiales tout en continuant à vivre leurs vies affectives et sexuelles lesbiennes. Comment les lesbiennes maghrébines migrantes et d’ascendance maghrébine se saisissent-elles de ces « nouvelles problématiques » en France  ?

9 juin 2020 : Vanessa Codaccioni, La légitime défense. Homicides sécuritaires, crimes racistes et violences policières Paris : Éditions du CNRS, août 2018 - 250 p.

Résumé : "La légitime défense est au coeur de l’actualité politique et judiciaire  : multiplication du nombre de femmes battues qui tirent sur leur mari ou leur compagnon violent, mobilisations pour soutenir des commerçants qui ont tué des voleurs, et, plus récemment, facilitation de l’usage des armes par la police dans le cadre du renforcement de la lutte antiterroriste.Si la légitime défense fascine et fait débat – est-elle un permis de tuer ou l’arme du faible  ? –, elle a aussi ses partisans radicaux  : des militants pro-armes réclamant un " droit de tirer " et un " droit de tuer " ceux qui représenteraient un danger pour eux-mêmes et pour la société.Parallèlement à l’étude de leurs mobilisations, Vanessa Codaccioni se penche sur les grandes affaires de légitime défense depuis la fin des années soixante-dix. Elle montre qu’il s’agit le plus souvent d’homicides sécuritaires, de crimes racistes ou de violences policières, et analyse la manière dont leurs auteurs tentent d’échapper à la justice, notamment par un renversement des figures du coupable et de la victime.Par l’étude socio-historique des homicides " défensifs " et des usages sécuritaires des armes, ce livre explore la manière la plus radicale de se faire justice. Il interroge plus généralement les liens entre politiques du " faire mourir « , pouvoir de mort et atteintes au droit à la vie dans les régimes démocratiques ».

Programme du séminaire en PDF

Programme

    • 5 novembre 2019 : 14 h - 16 h30 - Site Pouchet du CNRS, salle 159

    Séance 1 : Lorenzo Barrault-Stella (Cresppa-CSU) & Brigitte Gaïti (CRPS), La politique désenchantée ? Perspectives sociologiques autour des travaux de Daniel Gaxie (Avec Patrick Lehingue).
    Disc. Ugo Palheta (Cresppa-CSU) et Paul Sanders (Cresppa-CSU)

    • 3 décembre 2019 : 14 h - 16 h30 - Site Pouchet du CNRS, salle 159

    Séance 2 : Amélie Le Renard (CMH)
    Le privilège occidental. Travail, intimité et hiérarchies postcoloniales à Dubaï
    Disc. Chadia Arab (ESO) et Malek Bouyahia (Cresppa-GTM).

    • 21 janvier 2020 : 14 h - 16 h30

    Séminaire en grève

    • 4 février 2020 : 14 h - 16 h30

    Séminaire en grève

    • 10 mars 2020 : 14 h - 16 h30 - Site Pouchet du CNRS, salle 159

    Séance 5 : Kaoutar Harchi (Cerlis) Je n’ai qu’une langue, ce n’est pas la mienne
    Disc. Delphine Naudier (Cresppa-CSU) et Anna Cuomo (IMAF)

    • 15 mai 2020 : 14 h - 16 h30 - Site Pouchet du CNRS, salle 159

    Séance 6 : Salima Amari (Cresppa-GTM) Lesbiennes de l’immigration. Construction de soi et relations familiales

    • 9 juin 2020 : 14 h - 16 h30 - Site Pouchet du CNRS, salle 159

    Séance 7 : Vanessa Codaccioni (Cresppa-CSU) La légitime défense. Homicides sécuritaires, crimes racistes et violences policières
    Disc. Emmanuel Blancard (UVSQ) et Angeliki Drongiti (Cresppa-CSU).


    24 septembre 2019